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Dans mon salon y’a un tableau naïf, des photos de mes mômes, ma chienne dans un panier et une télé. C’est pas très insoutenable comme légèreté de l’être, mais c’est déjà pas mal. Pendant que je sirote un thé vert comme un bobo, des gamins hantent mes pensées.

Celui-là, il est mort pour rien. juste parce qu’il avait faim. Ben ouais, comme tout immigré chiliens j’avais du lire et souffrir ce poème de Gabriela Mistral. Ce poème qui décrit la fin de cet enfant, mourrant de faim sur un trottoir de Santiago. Plus tard je speakais le français very well quand la Somalie s’invitait pendant nos repas sous l’accent poulbot de Renaud.

Aujourd’hui j’ai grandi, on dit ça quand on est adulte. Et souvent je me reveille de peur de pas pouvoir nourrir mes propres enfants. Etre parents d’élève en Seine-Saint-Denis c’est te confronter à la pauvreté, parfois même extrême. Surtout à ces femmes seule avec enfant, qu’un mec courageux à laisser là, à la disposition du conseil général et de l’hôtel social. Balloté de chambre en chambre, sans domicile et donc sans école fixe, ces mômes ont l’air perdu pour leur cause. Ils masqueront leur condition derrière une fausse vitalité, ils ne sont pas si con pour ne pas comprendre que ça ne devrait pas être ça la vie pour un gosse.

Sont pas si loin les chiffons rouges finalement, sont pas si loin ces petite gueules noires des anciennes mines de charbon. Ouais je sais, la vie c’est plus Germinal. Quoique dans un camps Rom du 93 je doute. Entre deux expulsions et quatre bulldozers, camp après camps, il y a des enfances qui crèvent. Hier c’était à Saint Denis, l’autre jour à Boboche. Ils appelaient ça le camps des coquetiers. C’est joli comme nom. Tellement joli qu’on a rien pu y faire. D’ailleurs que pourrait-on y faire ? Les gosses ça aime les bonbons. Ben pour certains la vie c’est pas du Chamallow.

Mon pote Harold fait un truc con. Il donne 1€ par jour à ceux qui font la manche. C’est con mais de prime abord ça lui donne bonne conscience. Dans le 13 arrondissement de Paris, Nathalie fais la queue pour remplir ses bouteilles d’eau gazeuse à la borne publique « eau de paris » qui en met à disposition gratos. C’est con aussi, mais ça mélange les membres de différentes classes sociales qui ne sont, elle, pas assez conne pour continuer à acheter de la Badoit. D’ailleurs on y croise parfois des roms avec des caddies améliorés de gros bidon à la Mad Max.

Alors je me dis, que c’est les cons qui changeront la vie. Ou du moins que l’intelligence c’est peut être d’apporter des solutions simples pour améliorer les choses. Exercice de logique : il faut combien de con pour changer une ampoule ? Cabu avait raison. Faire preuve d’intelligence c’est ne pas oublier que dans les circonvolutions de l’absence d’Humanité, il y reste toujours un peu de tendresse pour rendre acceptable la survie.

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