Si je salue l’intention du discours du Gouvernement, je regrette son manque d’ambition.

Quand il s’agit des droits de l’enfant, il ne faudrait pas lésiner sur les moyens. Je ne peux m’empêcher de penser que la faiblesse des investissements face à l’ampleur de la tâche et du retard accumulé, a davantage pour objectif de rassurer l’opinion publique en mode « on s’en occupe », que de régler réellement le problème. S’attaquer aux violences que subissent les enfants, cela s’inscrit sur le temps long. Quelques personnes de plus pour répondre au numéro d’aide à l’enfance, le 119, ne répondront pas aux manques structurels de moyens de l’aide sociale à l’enfance, ni même les quelques millions débloqués. Et si les préventions des violences faites aux enfants peuvent faire l’objet de projets éducatifs et de prévention dans les temps dévolus au périscolaire, comme le propose le gouvernement, il me semble que nous ne pouvons pas non plus faire l’économie de ce travail durant le temps scolaire. Car contrairement à l’école, le périscolaire est facultatif et ne concerne pas tous les enfants. Et comme nul n’est censé ignorer la loi, et en particulier celle qui concerne les violences faites aux enfants, il me paraît essentiel de l’enseigner dès le plus jeune âge comme une matière à part entière. Cela permettra aux enfants de mieux signaler toute atteinte à leur intégrité physique ou morale, aux adultes de mieux respecter ce qu’ils enseignent, et aux jeunes devenus adultes de bien moins transgresser la loi. D’ici là, en triste résonance avec ce que dénonce la FCPE depuis de nombreuses années, nous prenons acte qu’aujourd’hui encore 100 000 jeunes ne sont pas scolarisés dans notre pays. Ce chiffre effrayant n’est pas de moi, c’est le secrétaire d’état à la protection de l’enfance qui l’avoue, enfin, reste qu’aucune mesures pour y remédier ne fait partie de ce plan.

 

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